Un laboratoire d'idées dans la Silicon Valley
L'Executive Club regroupe des dirigeants pour débattre sur l'entreprise, par Christine Frin
Une cinquantaine de dirigeants de la Silicon Valley se sont retrouvés à Hillsborough pour débattre de l'entreprise travaillant « en temps réel »
sous la direction d'un panel de qualité : Eric Benhamou, Président de 3Com,
Philippe Bouissou, VC Allegis Capital, Paul Lee, Vice-Président Gratner
Consulting et Terry Retter, Directeur des programmes stratégiques de
PricewaterhouseCoopers Technology Center.
Le monde de l'entreprise est voué à la mondialisation des échanges et à la
concurrence. Pour y répondre, les entreprises qui produisent doivent
développer des capacités d'adaptation rapide aux demandes du consommateur et
de mobilisation des ressources planétaires pour affronter les enjeux les
plus critiques, c'est-à-dire la réduction des délais de commercialisation,
l'accroissement de la rentabilité et la mondialisation de la demande.
L'objectif de l'entreprise qui vend au client final est de travailler en
temps réel, c'est-à-dire de pouvoir prendre les commandes, enregistrer le
paiement et traiter l'expédition immédiatement. Grâce à la technologie, une
entreprise peut engranger une commande en un quart d'heure et un paiement
sécurisé en moins de cinq minutes.
Cependant, cela fait déjà longtemps que, du fait de l'immobilisation
financière que cela induit et de la rapide obsolescence des produits, les
entreprises ne prennent plus le risque de stocker leurs produits. Les
délais affichés dans leur catalogue sont ceux de la livraison, les contrats
indiquent bien que ce délai commence à la sortie d'usine.
Dell assemblera votre ordinateur entre deux et quatre jours en fonction de
la complexité de votre commande; mais si vous avez commandé un lit, au
minimum six semaines passeront avant que vous ne le receviez. Les
entreprises B to B, quant à elles, doivent assumer les risques
d'obsolescence que leurs commanditaires ne veulent plus prendre.
A cela s'ajoute un paiement s'étalant de 30 à 60 jours grevant les comptes
d'exploitation. Pour eux pas d'autre salut que la délocalisation vers des
pays (la Chine ou l'Inde) leur permettant de minimiser leurs coûts.
S'avançant encore plus avant dans l'analyse de la performance, Eric Benhamou,
Président de 3Com, affirmait qu'il fallait songer à délocaliser la R&D.
Garder près des grands centres intellectuels (pools universitaire ou
technologique) le département de création ou d'innovation des futurs
produits et délocaliser tout ce qui est lié aux calculs et aux simulations.
Les capital risqueurs ne s'y sont pas trompés.
Leur choix de prédilection porte dorénavant sur le soutien aux sociétés
développant des outils de sécurisation du web et des outils de gestion,
moteurs de la production à flux tendu, permettant d'accélérer la fabrication
et d'en réduire les coûts. Un débat important donc permettant à l'auditoire
de connaître les préoccupations des entrepreneurs et de s'informer des
décisions mises en place pour y faire front.
C'est exactement l'objectif que se donne l'Executive Club. Ce club, lancé en
octobre 2002 par Ale Gicqueau et l'équipe de SiliconFrench et InterFrench
qui sentaient qu'il manquait un maillon dans la chaîne de leurs propositions.
Réservé exclusivement aux dirigeants d'entreprises, il veut être un
laboratoire d'idées permettant à ses membres de se retrouver entre pairs
pour discuter de la conjoncture et de leur façon d'envisager le futur et par
la même générer des idées. Le lien avec SiliconFrench se fait par
l'intermédiaire d'actions de « coaching » des membres de SiliconFrench
lançant leur projet via des membres du Club.
La rencontre du mois était la quatrième. Le baptême avait été donné en 2002
par les « penseurs » français de la Silicon Valley : Jean-Louis Gassée
d'Allegis Capital, Eric Benhamou de 3Com, Vincent Worms de Partech
International, Lionel Pelamourgues de France Telecom et Philippe Pouletty
de France Biotech.
Le Club est ouvert aux entrepreneurs francophones mais ses organisateurs
n'ont pas peur davoir recours à l'anglais pour élargir le panel d'intervention
aux personnalités locales.
Ils savent également que le savoir vivre français se traduit aussi par la
qualité de l'accueil : maison confortable et buffet à thème complètent un
dispositif destiné à optimiser le temps passé ensemble.
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