Ale Gicqueau : « Le » Frenchie de la Silicon Valley
Hélène Vissière (à San Francisco), Le Point
Lorsque Ale Gicqueau, jeune ingénieur frais émoulu de Centrale, débarque en
1995 dans la Silicon Valley après avoir gagné à la loterie de la Green
Card, on est en pleine euphorie économique. Profitant des opportunités de
jobs, sa carrière progresse rapide- ment. En 2000, quand la bulle Internet
éclate, faillites, licenciements, gel des projets... se succèdent dans la
Silicon Valley. Gicqueau, qui s'occupe alors de business development dans
une société de logiciels, dresse un constat : pas d'affaires possibles sans
carnet d'adresses. Avec un autre Français, Pierre-Jean Charra, il installe
un réseau de contacts professionnels. En mars 2002 naît SiliconFrench, qui
réunit une fois par mois des hommes d'affaires français.
Pari audacieux : « Les Français, au contraire des Américains, n'ont pas le
contact facile, direct et sont souvent enclins à la critique. SiliconFrench
essaie d'allier le meilleur des deux cultures », explique Gicqueau.
L'originalité, c'est la présence de 70 coordinateurs, chacun à la tête d'un
groupe, qui maintiennent des liens entre les membres. SiliconFrench
revendique 1 600 membres, dont 30 % de francophones.
Ale Gicqueau, 29 ans, souhaite créer au sein de SiliconFrench une gamme de
services aux entreprises, à l'image d'une chambre de commerce. Il a signé
un parrainage avec le conseil régional des Bouches- du-Rhône, qui cherche à
attirer des ingénieurs français et des investissements américains. Les deux
fondateurs ont lancé l'Executive Club, un groupe de réflexion pour les
dirigeants d'entreprise. SiliconFrench a essaimé à New York et à Los
Angeles, mais aussi à Marseille, Nice, Paris et Toulouse. Gicqueau voit
grand. « Mon rêve, c'est de créer dans le monde entier une communauté
francophone soudée.
© Le Point 21/02/03 - N°1588 - Page 22
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